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21 avril 2026 - 17:28

Un peloton de 121 coureuses va affronter mercredi la 29e édition de La Flèche Wallonne Femmes, allongée à 148,2 kilomètres (un nouveau record pour l’épreuve) avec de nouveaux défis en début de course avant l’explication habituelle sur le circuit du Mur de Huy.

« Le niveau s’est considérablement élevé en un an », observe Puck Pieterse, sacrée en 2025 et opposée à quatre autres anciennes vainqueures de l’épreuve. « Je préfère une course difficile », s’enthousiasme Kasia Niewiadoma Phinney.

« Les supporters font du Mur de Huy un endroit unique », précise Ashleigh Moolman-Pasio avant sa dernière participation à une épreuve qu’elle a marquée de son empreinte. À l’autre extrémité du spectre, Paula Blasi est ambitieuse pour sa découverte de La Flèche.

UN DÉPART MUSCLÉ ET UN FINAL « CLASSIQUE »

Les grands défis de La Flèche Wallonne Femmes sont connus : rendez-vous sur le Mur de Huy, à surmonter deux fois, tout comme les côtes d’Ereffe et de Cherave, également présentes sur le circuit final (37,2 km). « Cette partie reste classique mais on a ajouté des côtes dans la première partie », explique Gilles Maignan, directeur de la course. « L’ascension de Courrière a déjà été empruntée mais celle de Durnal est inédite, et il y a toujours Bohissau dès le départ. Après, ce sont les coureuses qui vont décider de la difficulté de la course, avec des équipes qui peuvent durcir la course pour ne pas amener les favorites tranquillement jusqu’au pied du Mur. »

La distance atteint 148,2 km (un nouveau record pour l’épreuve) pour un dénivelé de 2.250 mètres. Autant de défis qui ont attiré toutes les plus grandes spécialistes des vallons, avides d’une victoire prestigieuse. « La Flèche est une course importante au calendrier féminin, avec 29 éditions et une présence dans la durée », rappelle Maignan. « Les coureuses et les équipes sont conscientes de la notoriété de la course. Avoir la Flèche Wallonne à son palmarès, ce n’est pas rien. C’est toujours plaisant de voir ces championnes revenir d’année en année, avec la recordwoman Anna van der Breggen, Demi Vollering… et une équipe UAE qui est très costaud. Il y a des favorites connues mais on peut aussi avoir de belles surprises et tout ça promet une belle course. »

PIETERSE : « LE NIVEAU S’EST CONSIDÉRABLEMENT ÉLEVÉ EN UN AN »

Retrouvera-t-on une récidiviste mercredi soir la plus haute marche du podium de La Flèche Wallonne Femmes ? Depuis le septuplé d’Anna van der Breggen (2015-2021), le Mur de Huy a couronné une nouvelle reine chaque année. Parmi elles, Demi Vollering (vainqueure en 2023), Kasia Niewiadoma-Phinney (2024) et Puck Pieterse (2025) sont au rendez-vous de la 29e édition, tout comme Pauline Ferrand-Prévot, qui s’était imposée en 2014. Toutes rêvent de s’imposer à nouveau, à commencer par Pieterse, transformée par son succès l’an dernier : « J’avais déjà remporté quelques jolies victoires, notamment sur le Tour et en VTT, mais c’était la confirmation que je peux également gagner sur les classiques du printemps. C’était important pour ma confiance. »

Cette saison, la talentueuse Néerlandaise tourne autour d’un grand succès (3e du Tour des Flandres, 4e de Milan-Sanremo, 6e des Strade Bianche…). Elle espère renouer avec la victoire sur le Mur de Huy mais reste prudente face à une concurrence accrue : « Même si je n’avais pas mes meilleures jambes sur l’Amstel Gold Race dimanche (10e), je pense avoir un niveau similaire à celui de l’an dernier. La différence, c’est que le niveau général s’est considérablement élevé en un an. Beaucoup de coureuses ont passé un cap, donc les courses sont plus difficiles. »

NIEWIADOMA-PHINNEY : « JE PRÉFÈRE UNE COURSE DIFFICILE »

Parmi les prétendantes à un nouveau sacre hutois, Kasia Niewiadoma Phinney (Canyon//Sram zondacrypto) espère une bataille de longue haleine avant d’embraser l’ascension finale. « Je pense que des équipes vont essayer de durcir la course, et cela jouera en notre faveur », déclare la coureuse de 31 ans. « Je préfère nettement une course difficile avant de tout donner sur le Mur, plutôt que d’attendre toute la course pour une seule ascension. L’histoire de La Flèche montre bien que les équipes sont mieux organisées pour que les leaders se disputent la victoire. »

« Je me sens forte et confiante, comme toujours avant les classiques », précise celle qui s’était imposée sur le Mur en 2024, avant de triompher au Tour de France Femmes avec Zwift. « Tant que je sais que je me suis bien préparée et que j’ai fait tout ce que je pouvais pour être dans la meilleure forme possible, je sais qu’il ne me reste plus qu’à me battre et, espérons-le, à terminer la course sans aucune malchance. C’est une semaine très importante. »

BLASI PRÊTE À AVALER LE MUR : « TOUT SE JOUE DANS LA DERNIÈRE ASCENSION »

Hormis Pieterse, qui a brillamment démenti les statistiques l’an dernier, rares sont les débutantes à prendre la mesure du Mur de Huy dès leur première participation. Pour autant, l’Espagnole Paula Blasi se présente au départ de sa première Flèche avec de belles ambitions, trois jours après avoir remporté l’Amstel Gold Race à son premier essai. « Au final, c’est une course qui se joue essentiellement au niveau des jambes », anticipe la championne d’Europe Espoirs, passée professionnelle au cours de l’année 2025. « Je pense que la tactique joue un rôle mineur, car tout se joue dans la dernière ascension. L’équipe est très motivée, et bien sûr, nous allons essayer de nous battre pour la victoire car nous avons plusieurs atouts à jouer. »

« Je n’étais pas censée courir La Flèche, mais il nous manque encore quelques coureuses, et comme je suis en forme, nous avons décidé, avec mon entraîneur et l’équipe, que je courrais aussi La Flèche et Liège  », poursuit celle qui va notamment retrouver Niewiadoma Phinney et Vollering, ses premières poursuivantes dans le Limbourg. « Je courrai aux côtés de Mavi [Garcia, 4e en 2023], et cela me donne toujours une confiance supplémentaire car nous nous comprenons très bien, tant sur le vélo qu’en dehors. »

LA DERNIÈRE DE MOOLMAN-PASIO : « C’EST UNE OCCASION SPÉCIALE »

Tout a une fin, même la présence d’Ashleigh Moolman-Pasio sur les routes de La Flèche Wallonne Femmes. « Cette course occupe une place unique dans ma carrière », explique la future retraitée avant une dernière danse ardennaise qui lui permet de renforcer son empreinte sur ces terres. « C’est vraiment la course où j’ai découvert et confirmé que j’avais ma place dans le peloton professionnel et pouvais lutter avec les toutes meilleures. Ma première participation remonte à 2010, et j’ai malheureusement chuté dans la descente avant la montée finale. Mais dès l’année suivante, j’ai fini dans le top 10 avec très peu d’expérience sur les courses européennes. À partir de là, La Flèche Wallonne est devenue une course où je pouvais mesurer ma progression année après année. J’ai quasiment fini à toutes les places dans le top 10, à l’exception de la première place. »

« Remporter cette course a toujours été un rêve », poursuit la Sud-Africaine, 2e en 2018. « Y parvenir pour ma dernière participation serait quelque chose de vraiment spécial. Les supporters font du Mur de Huy un endroit unique. C’est une des ascensions les plus difficiles du cyclisme, très pentue et très tactique. Mais c’est l’ambiance qui le rend vraiment unique. Le bruit des spectateurs est incroyable, ça peut presque détourner ton attention de la douleur. Je veux surtout profiter du moment, et m’imprégner de l’atmosphère. C’est une occasion spéciale et je veux en tirer le maximum. »

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